SALARIES ET ENTREPRISES : SYNDICALISME, ASSOCIATIONS FAMILIALES ET IDENTITES OUVRIERES

admin2588

Dans le livre « salariés et entreprises dans les pays du Sud, contribution à une anthropologie politique » sous la direction de Robert Cabanes, Jean Copans et Monique Selim, les salariés sont analysés sur leur investigation associative. Si tous les ouvriers s’organisent de la même manière à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise. Il est donc remarqué une appartenance à une ou plusieurs associations (familiales, religieuse, ethnique d’ « immigrés » (ressortissants de tel ou tel village) ».

 

Si vous préférez écouter le podcast en audio (ou le télécharger pour l’écouter sur votre mobile, dans votre voiture, ou sur un lecteur mp3/iPod) alors il vous suffit de cliquer ci-dessous :

Dans ces pays du Sud, les auteurs soulignent que dans une usine à Dakar les associations familiales contribuent à la socialisation du rapport salarial à l’intérieur de l’usine. Que font ces associations familiales ? elles jouent un rôle d’intercesseur entre le patron et les ouvriers. Concrètement, à partir des normes relationnelles, qui reposent plus sur une identité de groupe que de condition ouvrière, des revendications dites ouvrières émergent. Comment expliquer qu’un groupe puisse avoir autant d’influence au sein d’une entreprise ? Les explications sont scientifiques.

J’ai vu un reportage sur ARTE concernant le groupe. Mais qu’est-ce-qu’un groupe ? Un groupe d’appartenance est, pour un individu, un groupe social dans lequel vit l’individu.

Un groupe d’appartenance est, pour un individu, un groupe social dans lequel vit l’individu. Cela signifie que l’individu a des relations avec les membres de ce groupe et qu’il se reconnait comme membre de ce groupe et qu’on le reconnaît membre de ce groupe. Des critères objectifs peuvent déterminer l’appartenance à un groupe social : la profession pour le groupe socioprofessionnel d’appartenance, l’âge pour les jeunes, la génération comme la génération 68, etc. Cela peut être aussi les styles de vie ou mode vie (type de consommation notamment vestimentaire et culturelle) pour les « gothiques », « rasta » ou la haute bourgeoisie par exemple.

Le groupe est à la base de la vie sociale. Nous Influence-t-il parfois sans qu’on y ait conscience ? Comment l’appartenance à un groupe influence -t-elle le jugement individuel ?

Le caractère multiple des appartenances de chaque individu pose deux problèmes, l’un du point de vue de l’individuel, et l’autre du point de vue collectif.

S’agissant de l’individu, l’enjeu porte sur sa socialisation. La socialisation est le processus au cours duquel un individu apprend à vivre en société, durant lequel il intériorise les normes et les valeurs, et par lequel il construit son identité psychologique et sociale.

Cette socialisation est-elle uniforme ou non ? La diversité des groupes d’appartenance peut-elle conduire à une contradiction de certaines valeurs ou normes ? Si c’est le cas, on comprendrait que l’individualisme n’est pas forcément lié (ou uniquement lié) à la fin d’appartenance à un groupe social mais plutôt aux choix laissés aux individus entre des valeurs, des normes en partie contradictoires.

D’après des chercheurs, un groupe peut exercer une pression sur un comportement individuel. On peut le faire voir des choses qui n’existent pas. Si le groupe fait une affirmation notre cerveau peut le pousser à y croire pour ne pas être rejeté par le groupe.

D’autres chercheurs ont mené des expériences sur les mécanismes neurologiques qui sont mis en jeu à l’intérieur de notre cerveau. Un psychologue social dans le processus décisionnaire. Son hypothèse est plus un individu n’est pas de l’avis d’un groupe plus il cherchera à être de son avis. 2 régions cérébrales, l’une traite les informations sociales et l’autre la prise de décision, sont au centre de l’expérience. Les deux zones cérébrales amènent à une confrontation du groupe.

En d’autres termes, les réponses des autres sont décisives. Si le groupe voit que la donne a changé, sous la pression du groupe, l’individu adopte les normes du groupe. Les décisions sociales des groupes influencent nos propres décisions, le groupe prend les meilleures décisions.

Pour comprendre ces mécanismes : vous devez certainement connaître ces expressions suivantes : Suivre les autres comme un mouton, singer…

Un physicien voit l’interagissement d’un animal avec un autre animal entre 6 à 7 congénères. Les poissons adoptent un comportement similaire. Peut-on influencer le comportement collectif des poissons ? les chercheurs cherchent à les inciter à adopter un comportement différent. En général, s’ils sont peu nombreux, ils suivent l’individu devant eux. Par contre, avec un banc de poissons de 16 individus. Si le poisson meneur prend une mauvaise décision le groupe ne suit pas.

Pour les fourmis, un éthologue dit qu’une fourmi peut avoir une vingtaine de comportement différent. Une expérience qui pose 2 chemins pour la nourriture montre que les fourmis empruntent le plus court chemin grâce à leurs phéromones. Effet boule de neige, le plus court chemin est marqué : un phénomène collectif. Un comportement intelligent résulte d’un comportement collectif.

On a tous besoin de faire partie d’un groupe d’individus. Mais quels sont les facteurs qui font qu’on ne veut pas être influencé ? c’est la personnalité. Ne pas se soumettre à une opinion même par rapport à la cohésion du groupe, ou se conformer à la décision du groupe. Au contraire, la facilitation sociale intervient lorsque le groupe facilite la solidarité qui renforce une bonne ambiance d’équipe. En France, cette appartenance à une association familiale est caractérisée par l’Union Nationale des Associations Familiales et les Unions Départementales des Associations Familiales.

Ont le caractère d’associations familiales […] les associations déclarées librement créées dans le cadre de la loi du 1er juillet 1901, qui ont pour but essentiel la défense de l’ensemble des intérêts matériels et moraux, soit de toutes les familles, soit de certaines catégories d’entre elles et qui regroupent :
-des familles constituées par le mariage ou le pacte civil de solidarité et la filiation ;
-des couples mariés ou liés par un pacte civil de solidarité sans enfant ;
-toutes personnes physiques soit ayant charge légale d’enfants par filiation ou adoption, soit exerçant l’autorité parentale ou la tutelle sur un ou plusieurs enfants dont elles ont la charge effective et permanente.
L’adhésion des étrangers aux associations familiales est subordonnée à leur établissement régulier en France ainsi qu’à celui de tout ou partie des membres de leur famille dans des conditions qui seront fixées par voie réglementaire.

Il peut être créé :
-dans chaque département, une fédération départementale dite union départementale des associations familiales, composée comme il est prévu à l’article L. 211-4 du Code de l’action sociale et des Familles ;
-au niveau national, une fédération dite union nationale des associations familiales, composée comme il est prévu à l’article L. 211-5 du Code de l’Action Sociale et des Familles.

Selon l’Ordonnance n°2016-301 du 14 mars 2016 – art. 2 (V), L’union nationale et les unions départementales des associations familiales sont habilitées, sans préjudice de tous les droits et prérogatives pouvant résulter de leurs statuts, à :
1° Donner leur avis aux pouvoirs publics sur les questions d’ordre familial et leur proposer les mesures qui paraissent conformes aux intérêts matériels et moraux des familles ;

2° Représenter officiellement auprès des pouvoirs publics l’ensemble des familles et notamment désigner ou proposer les délégués des familles aux divers conseils, assemblées ou autres organismes institués par l’Etat, la région, le département, la commune ;

3° Gérer tout service d’intérêt familial dont les pouvoirs publics estimeront devoir leur confier la charge ;

4° Exercer devant toutes les juridictions, sans avoir à justifier d’un agrément ou d’une autorisation préalable de l’autorité publique, notamment de l’agrément prévu à l’article L. 621-1 du code de la consommation, l’action civile relativement aux faits de nature à nuire aux intérêts moraux et matériels des familles, y compris pour les infractions prévues par l’article 227-24 du code pénal.

Chaque association familiale ou fédération d’associations familiales, dans la limite de ses statuts, conserve le droit de représenter auprès des pouvoirs publics les intérêts dont elle a assumé la charge.

Les unions départementales des associations familiales sont composées par les associations familiales ayant leur siège social dans le département qui apportent à ces unions leur adhésion, ainsi que les fédérations regroupant exclusivement dans le département les associations telles que définies à l’article L. 211-1 du Code de l’Action Sociale et des Familles.

Peuvent seules concourir à la création des unions départementales ou adhérer aux unions déjà constituées les associations et fédérations familiales déclarées depuis six mois au moins.

Les sections départementales ou locales des associations nationales sont admises dans les unions au même titre que les associations déclarées.
Les unions départementales des associations familiales ne peuvent refuser l’adhésion des associations qui remplissent les critères définis à l’article L. 211-1 du Code de l’Action Sociale et des Familles.

L’union nationale est composée par les unions départementales des associations familiales, constituées conformément à l’article L. 211-4 et qui lui apportent leur adhésion, et les fédérations, confédérations, associations familiales nationales regroupant au niveau national les associations et sections adhérentes aux unions départementales.

 

Tags: ,

Laisser un commentaire